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Un Jour, Une Musique.

Il est le Viking de la 6eme avenue.

2 Avril 2017 , Rédigé par Léonard Sanchez Publié dans #Jazz Instrumental, Fusion

Prenez soin de ce type. C’est un compositeur sérieux

Igor Stravinsky

Moondog (1969)

Titre : Bird's Lament

Artiste : Louis Thomas Hardin (Moondog)

Genre : Jazz

Origine : Etats-Unis (Kansas)

Pourquoi ce compositeur ?

Par où commencer ?

Je vous présente aujourd'hui le compositeur le plus incroyable du XXeme siècle et peut-être tout simplement de l'histoire de la musique, tout genre confondu. Je pèse mes mots et je vais être dithyrambique tout au long de ma chronique (et celle de demain).

Imaginez un compositeur qui est inconnu du grand public mais qui est reconnu par le monde du Jazz et du Classique, qui a posé les pierres de la musique minimaliste qui donna naissance à la musique électronique par la suite. Imaginez un homme que l'on considérez Avant-gardiste alors que lui même crier haut et fort que toutes sa méthodologie était basé sur celle du moyen-âge (et notamment la technique du canon). Imaginez un homme qui est à l'origine du mot Rock'N Roll. Imaginez un homme qui inventait lui-même ses instruments; des instruments complexes, difficile à jouer et originaux. Imaginez un homme qui a passé une partie de sa vie dans le coin de la 6eme avenue de New York, en vivant comme un marginal, en jouant de la musique toute la nuit, en faisant des boeufs avec The Birds et d'autre pointure des clubs de Jazz de l'époque. Imaginez un homme qui s'habillait avec des vêtements qu'il créait lui-même, qui s'habillait en Viking en pleine fusion urbaine. Imaginez que cet homme ait existé et que vous n'en ayez jamais entendu parlé. Imaginez que cet homme était aveugle.

Imaginez Louis Thomas Hardin, plus connu sous le pseudonyme Moondog.

Sa vie :

Je me servirait de cet excellent site d'Amaury Cornut pour humblement synthétisé une partie de sa vie :

1916 – 1929 : Enfance, nature et rythmique indienne.
1930 – 1943 : L’aveugle à l’oreille absolue.
1943 – 1947 : Arrivée à New York.
1947 – 1949 : De Louis T. Hardin à Moondog.
1949 – 1953 : Dans les rues de New York #1.
Focus – Bird’s Lament
1953 – 1968 : Dans les rues de New York #2.
1969 – 1971 : La période Columbia.
Focus – The Creation.
1974 – 1979 : Exil en Europe.
1980 – 1991 : 
1992 – 1999 : 
1999 – Aujourd’hui et demain…

Extrait :

Louis apprend la batterie au collège de la ville. Et c’est trois ans plus tard le 4 juillet 1932, jour de l’Indépendance, qu’il perd la vu à l’âge de 16 ans, en ramassant un drôle d’objet sur une voie de chemin de fer qui s’avérait être un bâton de dynamite. Bien plus tard, il avouera qu’au moment de prendre ce bâton de dynamite, il savait que s’en était un, mais que quelque chose le poussait à le prendre, une sorte de destinée. Suite à cet accident il perd toute croyance en Jésus ou en le Dieu chrétien.

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Cela nous amène donc en 1947, date à laquelle Louis commence à user du pseudonyme de Moondog en hommage à Lindy, le chien qu’il avait lorsqu’il vivait à Hurley, et qui selon lui hurlait à la lune plus qu’aucun autre. Plus tard il apprendra que cela signifie « arc en ciel au dessus de la lune » pour les Inuits en Arctique.

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C’est à cette époque également qu’il fréquente les concerts du Philharmonique de New York, la première fois qu’il s’y rend il assiste à la représentation d’une pièce de Beethoven. Le vendredi suivant il y retour et c’est là bas il fait la connaissance de personnalités du monde de la musique tel qu’Arthur Rodzinski, Leonard Bernstein ou encore Arturo Toscanini et Stravinsky. Louis assistait aux répétitions posté à la porte de la salle, le premier violoncelliste de l’époque le présenta à Rodsinsky qui lui demanda ce qu’il désirait, Louis lui répondit qu’il était un jeune compositeur fraichement arrivé à New York et qu’il souhaitait simplement l’autorisation d’assister aux répétitions.

Rodzinski qui fut très impressionné par l’allure du jeune Louis, (le soir même il dira à sa femme : « Aujourd’hui j’ai eu un gros choc. J’ai vu une personne avec le visage du Christ ») accepte et trois ans durant Louis assista aux répétitions.Leonard Bernstein, qui était l’assistant de Rozinsky à cette époque et Leonard Busch, le premier violoniste, apprirent à Louis comment diriger un Orchestre. Après trois ans Rodzinski quitta le Carnegie Hall, où l’Orchestre donnait des représentations, et le patron demanda à Louis de s’habiller plus correctement, de façon « moins artistique », s’il voulait continuer de fréquenter le lieu. En effet, Louis avait la particularité de s’habiller de façon très particulière, à l’époque il portait des vêtements qui lui donnait une allure ecclésiastique, une longue cape de moine à capuche, d’une chemise marron et d’un foulard marron noué autour de son cou et décoré d’une chaîne d’argent à la quelle pendait une point de flèche Indienne. . « Je vis, pense, et m’habille d’une façon qui m’est personnelle », répondra Louis qui resta donc à l’écart.

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Impossible de ne pas évoquer le côté marginal du compositeur. Avant toute chose, il y avait la façon dont il s’habillait, évoquée précédemment. Moondog abandonna très vite sa tenue de moine, qui lui valait de trop nombreuses comparaison avec le Christ qu’il ne supportait pas, lui qui avait perdu toute fois en la religion. Au début des années 50 il s’intéresse beaucoup à la mythologie germanique et se fait raconter l’Edda (Un ensemble de poèmes en vieux norrois rassemblés dans un manuscrit islandais du XIIIe siècle, le Codex Regius. C’est aujourd’hui la plus importante source de connaissances sur la mythologie scandinave). Grand amateur de ces Sagas Nordiques, il opte donc pour un costume de viking, abordant un casque à cornes et une lance, se baladant ainsi en plein milieu de Manathan.

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De nombreux jazzmen viennent voir Moondog jouer dans la rue, parmi eux on compte Duke Ellington, Charles Mingus, Benny Goodman avec qui il fera un bœuf et évidement Charlie Parker à Broadway. Il rencontrera aussi durant cette même période Marlon Brando, Buddy Rich ou Miles Davis. Moondog enregistrera d’ailleurs trois disques sur le label Prestige Records (son premier éponyme, More Moondog, et The story of Moondog). Ces deux derniers disques valent à Moondog un statut de musicien d’avant-garde qu’il ne supporte pas, lui qui se veut médiéval dans sa façon de concevoir la musique.

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D’après Patrick Augelet, à l’époque élève de Jacques Riou et Jean-Jacques Lemêtre au conservatoire de Paris XIe, il avait été très difficile de réunir des musiciens « classiques » capables de jouer les partitions tout à fait déconcertantes de Moondog en plus des musiciens de Prospection. Ces musiciens avaient beaucoup de mal à mettre en place les morceaux de Moondog, peu habitués à ces rythmes syncopés et décalés. Ceux, plus rompus au jazz, semblaient mieux s’accommoder de ce style inhabituel à la musique classique. Ils sentaient le rythme au feeling tandis que les musiciens classiques eux, essayaient de compter les temps et quarts de soupirs… ils avaient eu beaucoup de mal !

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Un mois plus tard, le 8 septembre 1999 peut avant minuit, Louis Thomas Hardin décède à l’hôpital évangéliste de Münster alors qu’il écoutait du Camille Saint-Saëns, il est alors agé de 83 ans. Dans sa chambre se trouvait étalées tout autour de lui des centaines de partitions en braille. Il s’agissait d’un travail colossal que Moondog avait amorcé deux ans auparavant, intitulé 200 Clubs. Personne ne sait réellement le contenu de ce travail, aujourd’hui les partitions sont, comme bien d’autres, en la possession d’Ilona. [Sa femme]

Pourquoi aujourd'hui ?

Je vous parle aujourd'hui de l'homme et de ce qu'il représente, je vous parlerais demain plus precisement de sa musique, oui, c'est un double article, ça vaut que pour les meilleurs à mes oreilles.

La musique du jour est un hommage à Charlie Parker alias The Birds avec qui Moondog devait composé avant que l'oiseau ne s'envole malheureusement trop tôt vers les cieux. C'est une musique aussi connu pour avoir été samplé par un certain Mr Scruff.

Que la musique soit avec vous, chaque jour !

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