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Un Jour, Une Musique.

Comme les autres.

23 Octobre 2020 , Rédigé par Léonard Sanchez Publié dans #Classique - Baroque - Romantique

Les critiques sont généralement des gens qui auraient été poètes, historiens, biographes, s'ils avaient pu ; ils ont essayé leurs talents d'une façon ou d'une autre, et n'ont pas réussi ; en conséquence, ils se sont faits critiques

Samuel Coleridge-Taylor

Samuel Coleridge-Taylor (1875-1912)

Titre : Hiawatha Overture

Compositeur : Samuel Coleridge-Taylor

Genre : Romantisme

Origine : Londres

Pourquoi ce compositeur ?

W : Métis, né d'un père Krio originaire de Sierra Leone et d'une mère anglaise, il est élevé à Croydon, où il apprend au Conservatoire des rudiments de violon et de piano.

En tant qu'homme « de couleur », il connaîtra évidemment des difficultés pour s'imposer dans la vie musicale britannique : ainsi, il n'est pas invité à diriger la création à Croydon, en 1911, de sa cantate A Tale of Old Japan. Ceci étant, il s'attache à mettre en valeur ses origines africaines, notamment au travers de plusieurs compositions (ainsi, sa African Suite pour piano de 1898) et à défendre la cause tant des Afro-Britanniques que des afro-américains. En particulier, il collabore avec le poète afro-américain Paul Laurence Dunbar (1872-1906) sur Seven African Romances (1897) et pour son premier opéra, Dream Lovers (1898) — Notons ici qu'un second opéra de 1907, Thelma, est à ce jour réputé perdu —. Aux États-Unis, est fondée à Washington en 1900 The Samuel Coleridge-Taylor Choral Society, chorale afro-américaine destinée au départ à promouvoir sa musique. C'est à l'invitation de cette société chorale que le compositeur se rend pour la première fois outre-Atlantique en 1904, entre autres à Washington, sa relative réussite sociale étant perçue par beaucoup comme un fort symbole, dans un pays où la ségrégation raciale sévit alors pleinement. Fait rare à l'époque, Coleridge-Taylor est reçu en audience privée à la Maison-Blanche par le Président Theodore Roosevelt. Il retourne aux États-Unis en 1906 où il visite cette fois plusieurs grandes villes américaines. Enfin, en 1910, lors de sa troisième et dernière de ces « tournées » (de concerts notamment) aux États-Unis, fait tout aussi rare que l'audience prédentielle, il dirige au Festival de musique de Norfolk (Connecticut) une formation chorale composée de blancs, laquelle interprète The Song of Hiawatha. À l'occasion de cet ultime séjour, il est surnommé le « Mahler noir » (« African Mahler » ou « Black Mahler »), en vertu d'un stéréotype connu qui consiste à toujours trouver un modèle blanc à un noir talentueux.

Après son décès prématuré d'une pneumonie en 1912, même si The Song of Hiawatha est encore joué au Royal Albert Hall de Londres, sous la direction de Malcolm Sargent, jusqu'en 1939, sa musique tombe ensuite dans un oubli relatif et, bien qu'il existe des parutions discographiques récentes, attend une plus large redécouverte.


Pourquoi aujourd'hui ? 

Parce que son histoire et sa musique mérite amplement d'être redécouverte.
Que la musique soit avec vous, chaque jour!

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Amel 29/10/2020 10:48

oh quelle belle découverte ! Retrouvons les trésors effacés par le racisme et le sexisme dans l'histoire.